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Une Europe en perdition

Une Europe en perdition

L’ avenir Européen. Il s’agit là d’un débat on ne peut plus actuel dont il nous faut engager la voie du questionnement. A l’image de la convention de Schengen durant la dernière campagne présidentielle française nous assistons aujourd’hui à la remise en question, par nombre de personnalités politiques de tous bords, des conceptions européennes telles que la libre-circulation ou le libre-échange.
Ce sont nos générations qui seront prochainement invitées à répondre à ces interrogations par les urnes et c’est en citoyenne avertie et engagée que je veux pouvoir exprimer mon opinion sur ce point crucial qui met en jeu les politiques à la fois actuelles et futures.

Si cela fait aujourd’hui soixante ans que notre continent connaît la paix militaire (récompensée par le prix Nobel il y a peu), l’Europe a aussi été mise à mal durant les cinq dernières années. Les médias accablant notre système monétaire et ne cessant de menacer les populations d’une implosion de la zone Euro ont ainsi plongé l’opinion publique dans le doute et une hostilité de plus en plus prononcée quant aux propositions d’Europe Fédérale. Mais la plupart des articles inquisiteurs que nous avons l’occasion de lire dans les différents quotidiens omettent de rappeler le caractère incongru qu’avait la proposition de la mise en place d’une zone où pourraient circuler librement hommes et marchandises, s’articulant autour d’une monnaie commune au lendemain de la seconde guerre mondiale ! Ce projet qui semblait si fou a pourtant abouti en une union de 27 pays constituant à eux tous la première zone économique mondiale mais ceux-ci doivent aussi faire face aux conséquences d’une crise sans précédent.
Aujourd’hui de nouvelles questions à propos de l’évolution de cette union se posent, faudrait-il aller plus loin ? Faut-il renforcer l’unité des institutions européennes communes déjà existantes et ainsi laisser place à l’unionisme ? Ou encore faut-il faire fusionner les membres de l’Union afin de supprimer toute forme de souveraineté au sein de notre continent et admettre le fédéralisme ? Force est de constater que l’acceptation par les citoyens de cette dernière option est peu probable pour des questions culturelles et identitaires. Il me semble, cependant, important de se pencher sur de telles questions. Des hommes et femmes de toutes origines politiques et de toutes générations l’ont fait avant nous.
J’ai eu la chance en novembre dernier d’assister à la conférence sur l’histoire et l’avenir de l’Europe animée par les pionniers français de la construction européenne que sont Jacques Delors, Valéry Giscard d’Estaing. Delors, homme de gauche et VGE de droite, il était étonnant de voir leurs points de vue diverger si peu. Le seul point les ayant opposé lors de ce débat fut le cas grec. Delors soutenait la nécessité d’une solidarité à toute épreuve quand VGE invoquait la responsabilité de l’Etat et la mauvaise gestion des comptes publics. Européens convaincus, ils ont tenu à faire part à leur auditoire de la nécessité d’une union politique européenne dans le contexte actuel. La question des souverainetés nationales s’est alors posée. Une interrogation que VGE a essuyé d’un revers de bras en priant de « laisser la démagogie de l’emploi du mot souveraineté aux médias » mais en affirmant l’existence et en soulignant l’importance des identités. La recherche de cette union politique pourrait néanmoins faire perdre des plumes à l’UE.
En effet, j’ai pu lire il y a deux ou trois jours dans Les Echos que Monsieur Delors suggérait au Royaume-Uni de quitter l’UE. Quelle ne fut pas ma surprise. On connaît les penchants d’avantage atlantistes qu’unionistes de nos voisins britanniques mais est-ce réellement le moment de remettre en question l’appartenance de la 7ème économie mondiale (3ème européenne) à l’Union ? Les eurosceptiques sont nombreux, et leur sentiment est renforcé par la plongée des marchés espagnols, italiens et grecs. Cependant, si le seul argument dont Delors dispose est la réticence des britanniques à s’investir davantage dans l’union pourquoi ne pas tout simplement chercher à les convaincre en rassurant les marchés, en cherchant à rééquilibrer les comptes publiques comme on le faisait sous Sarkozy ? Le Royaume-Uni est aujourd’hui indispensable à l’Union Européenne, sa sortie, même remplacée par une autre forme de partenariat, ne peut qu’affaiblir l’UE à l’heure où la solidarité entre états est de mise.
Dans un contexte de multi polarisation, où chacun y va de ses dotations factorielles, les puissances d’Europe de l’Ouest si elles avaient été mises en concurrence n’auraient eu aucune chance les unes face aux autres malgré les diverses ressources de chacune. C’est cette Europe en perdition qu’il nous faut redresser, c’est une progression dans la collaboration entre les états membres qu’il faut engager.

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