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Une Fashion Week sous fond de polémiques ethniques.

Une Fashion Week sous fond de polémiques ethniques.

La Fashion Week de Paris étant commencée depuis plus d’une semaine maintenant, le petit monde de la mode est en ébullition. Les rues de Paris ressemblent en ce moment même un festival de look (ou de déguisement, au choix), et les « modeux » courent aux quatre coins de la ville afin de ne pas louper un seul défilé. Mais au moment où la Fashion Week de Paris bat son plein, plusieurs polémiques font surface concernant la représentativité ethnique, ou autre, dans le monde de la mode.

Si vous ne le saviez pas, la grande chaîne de vente de vêtements de prêt-à-poter Mango est au cœur d’une polémique. En effet, le magasin a commercialisé sur son site de vente en ligne un collier très inspiré de ceux portés par les esclaves au XVIIIème siècle. Le collier, lui, se dénomme tout simplement « esclave ». Très vite, ce bijou fait polémique et suscite des réactions très négative de la part d’internautes, mais aussi de la part de journalistes ou comédiens : l’actrice Aïssa Maïga s’indigne sur Twitter en écrivant « Bijoux Mango: l’esclavage ,n’est pas un style qu’on porte autour du cou ! » . Tout d’abord pour se défendre, la marque parle « d’erreur de traduction » car en espagnol, le terme « esclava » peut se traduire par « esclave », mais désigne également une gourmette ou une chaînette. Mais c’est insuffisant, les associations de lutte contre le racisme, SOS Racisme et le Cran, notamment, demandent à ce que le collier soit retiré des ventes, et plusieurs personnalités, comme Rokhaya Diallo (grande défenseure des causes ethniques) ainsi que Sonia Rolland font tourner une pétition depuis lundi intitulé « L’esclavage n’est pas fashion » qui condamne fermement le choix marketing de l’affiche espagnole et comptabilise déjà plus de 5000 signatures. C’est alors que lundi soir, la fameuse marque publie un communiqué de presse afin de présenter des excuses : « Suite aux accusations portées à l’encontre de la marque, sur l’utilisation du terme « style esclave » pour désigner 3 produits de notre collection de bijoux, MANGO tient tout d’abord à présenter ses excuses à toutes les personnes que cette désignation a pu offenser. MANGO n’a, en aucun cas, voulu heurter la sensibilité de qui que ce soit et a réalisé immédiatement les modifications qui s’imposaient sur toutes ses plateformes. ». La marque tient tout de même à préciser « Toutefois le mot « esclave » utilisé pour décrire un ensemble de deux bracelets et un collier de la nouvelle collection, n’est pas un cas isolé, c’est une désignation couramment employée dans le langage de la bijouterie, dans de nombreuses grandes maisons de joaillerie et pas uniquement par MANGO ».

Mais les polémiques ne s’arrêtent pas là. Dans son édition du mois de mars 2013, le magazine de luxe français Numéro met en avant la culture africaine de la mode, avec une série photo nommée « African Queen ». Cette initiative aurait pu ravir les associations de lutte contre le racisme et ceux qui défendent la mixité ethnique et culturelle, mais non. Le mannequin utilisé pour cette série n’est autre qu’un mannequin blanc avec la peau maquillée en noir. Encore une polémique qui rappelle le fameux numéro d’octobre 2009 de Vogue Paris, où Carine Roitfeld (l’ancienne rédactrice en chef du magazine, également à l’origine du porno chic) mettait également en scène un mannequin blanc peint en noir. Suite à cela, l’indignation et la polémique s’est développée quant au choix du magazine qui a suscité l’incompréhension des lecteurs : « Pourquoi faire appel à un mannequin noir quand on peut peindre un mannequin blanc ! » ironise le blog Foudre, car c’est une réalité, dans le monde du mannequinat, les mannequins noirs ne sont pas minoritaires. Bien-sûr, le communiqué de presse de Numéro ne s’est pas fait attendre, le magazine présente ses excuses, tout en soulignant que le contenu éditorial a laissé le libre choix au photographe de la série photo en précisant que  « Le magazine Numéro a toujours soutenu la liberté artistique des photographes de talent auxquels elle fait appel pour illustrer ses pages, et n’est pas intervenu dans le processus de réalisation des images de cette série. » et que « De son côté, le magazine Numéro, qui a le plus grand respect pour le travail créatif de ce photographe, exclu fermement que ce dernier ait pu à un quelconque moment avoir l’intention de blesser la sensibilité des lecteurs, quelle que soit leur origine. ». La journaliste de Jezebel, Laura Beck, juge « On ne peut pas voir ces photos sans se désoler pour toutes ces filles de couleur qui cherchent à percer dans le mannequinat »  car selon le site féminin, 82 % des modèles qui ont défilé à la dernière Fashion Week de New York étaient blancs, contre 6 % de noirs. Force est de constater que nous sommes malheureusement loin du temps où Yves Saint Laurent faisait défiler un grand nombre de mannequins noirs lors de ses défilés, lui qui a fait exploser les carrières de Katoucha ou de Rebecca Ayoko.

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