Salut ! Salut !

Wonder Woman fait des merveilles

Culture / Récents / 11 juin 2017

Mercredi dernier sortait sur nos écrans Wonder Woman, dernière production de l’écurie DC après Man of Steel, Batman v Superman et **Suicide Squad**.

Un film inédit à plusieurs égards : il s’agit du premier film adapté de comic books réalisé par une femme (Patty Jenkins), et du plus gros budget jamais confié à une réalisatrice (149 millions de dollars). Au vu de son accueil public et critique, globalement dithyrambique, Wonder Woman réussit également l’exploit de conjurer une double malédiction : celle qui faisait rimer film de super-héroïne avec échec critique et commercial, et le désamour du public pour l’univers cinématographique DC (à tort ou à raison). Qu’en avons-nous pensé ? Voici notre avis.


Le film nous conte l’histoire de Diana, fille de la reine des Amazones Hippolyte, et seule jeune fille dans ce royaume de femmes immortelles. Cachées au regard du monde extérieur sur leur île de Themyscira, à l’abri du dieu de la guerre Arès, les Amazones vivent en paix. Jusqu’au jour où un espion britannique, Steve Trevor, s’abîme à proximité de l’île, alors que son avion est pris en chasse par les Allemands : apprenant les horreurs de la Première guerre mondiale, Diana est convaincue qu’un tel conflit ne peut être que l’œuvre d’Arès, et quitte l’île avec Steve dans le but de tuer le dieu et de mettre fin à la guerre.

Wonder Woman tire sa réussite de son duo féminin : je parle bien sûr du couple formé par Gal Gadot et Patty Jenkins. L’actrice israélienne, qui campait déjà le rôle de l’amazone dans Batman v Superman, incarne à la perfection un personnage pourtant fortement associé à son interprète originale Lynda Carter. Quant à la réalisatrice, celle-ci s’en sort remarquablement bien, alors même qu’elle n’avait à son actif que le film indépendant Monster (qui avait valu un Oscar à Charlize Theron).

La réalisation de Patty Jenkins s’inscrit dans la continuité de celle de Zack Snyder, dont elle reprend les gimmicks (notamment son utilisation du slow-motion), avec des visuels léchés et des chorégraphies très soignées lors des scènes de combat. Le contraste entre l’île paradisiaque de Themyscira, perpétuellement ensoleillée, et le monde des hommes, sombre et enfumé, est une manière de plus pour la réalisatrice de revendiquer le parti-pris esthétique du DC Extended Universe, à mille lieues de l’univers coloré de Marvel.

L’affrontement final, opposant Wonder Woman à un ennemi dont je tairai le nom, partage la même démesure que le combat contre Doomsday à la fin de Batman v Superman, donnant une ampleur mythologique à ces personnages aux pouvoirs divins (et il est ici bon de rappeler l’ancrage du personnage de Wonder Woman dans la mythologie grecque, fusse-t-elle de comptoir). Malgré tout, Patty Jenkins distille quelques traits d’humour tout au long du film. L’adaptation de la super-héroïne au monde moderne (et à la condition des femmes au début du XXème siècle) est en effet propice à un comique de situation qui n’est jamais trop appuyé (ce qui n’était pas le cas dans Suicide Squad).

Wonder-Woman-Trailer-2-In-battle

Le film n’est bien sûr pas exempt de défauts, loin de là. S’agissant d’une origin story, on peut lui reprocher un scénario cousu de fil blanc dont les révélations tombent souvent à plat, tant les set-up/pay-off sont évidents. De même, le film a la fâcheuse tendance à surexpliquer certains détails de l’intrigue, alors même que celle-ci reste assez simple voire simpliste. Alors que l’antagoniste du film se révèle assez décevant, plusieurs personnages auraient gagné à être mieux développés, d’autant qu’ils sont parfois très attachants, à l’image d’Etta, Samir ou Charlie. Mais il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit que du second long-métrage de la réalisatrice, et ces quelques défauts ne sont que des erreurs de débutante qui ne remettent pas en cause la qualité du film. On pourra également regretter une bande originale franchement oubliable, à l’exception des rares occurrences du thème de Wonder Woman (composé par Hans Zimmer et Junkie XL) qui sublime les scènes d’action.


Notre critique en bref :

Wonder Woman est-il « le meilleur film DC depuis The Dark Knight (de Christopher Nolan, NDLR)« , comme cela a pu être dit dans certaines critiques ? Certes non. S’il s’agit d’un très bon film de divertissement, visuellement abouti et honnête dans sa démarche, il n’a pas la complexité d’un Batman v Superman dont le message est autrement plus développé. Mais si ce dernier avait reçu un accueil critique injustement froid, ce n’est pas le cas du film de Patty Jenkins qui, on l’espère, réconciliera le public avec l’univers cinématographique DC – en attendant la sortie de Justice League en novembre prochain.

Le succès de Wonder Woman est également un très bon signe pour la représentation des femmes à Hollywood : espérons que les prochaines années verront l’émergence de nouveaux films à gros budget consacrés à des super-héroïnes et/ou réalisés par des femmes. Un peu d’originalité et de vent frais ne feront pas de mal.


Wonder Woman, dans les salles obscures depuis le 7 juin 2017






Tom Février
Etudiant en double cursus "Sciences et sciences sociales" à Sciences Po Paris et à l'Université Pierre et Marie Curie. Passionné de politique et de nouvelles technologies.




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