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“Y a-t-il une valeur économique ajoutée aux immigrants marocains, congolais ou algériens?”

“Y a-t-il une valeur économique ajoutée aux immigrants marocains, congolais ou algériens?”

“Y a-t-il une valeur économique ajoutée aux immigrants marocains, congolais ou algériens?” C’est la question que s’est posée Theo Francken, secrétaire d’Etat belge à l’Asile et l’Immigration, sur Facebook en 2011. Aujourd’hui encore, cette question nourrit des débats.

A cause de sa déclaration, Theo Francken, membre du parti nationaliste flamand N-VA, bourgmestre de Lubbeek en Flandre mais aussi secrétaire d’Etat belge, est le sujet d’une polémique dans tout le pays. Des mails dans lesquels on devine son homophobie et sa présence à une fête d’anniversaire d’ex-collaborateur des nazis, Bob Maes en octobre, ont rajouté de l’huile sur le feu. « Ils avaient leur raison de collaborer ». En les appelant « les couillons de marocains » le secrétaire d’Etat pour l’Asile et l’Immigration affirme rapidement son mépris envers les immigrants. Ce sont ces mots que l’on retrouve dans un mail envoyé à quelques amis en 2007. D’après Francken, « les gays ne seraient pas autant harcelés si à Bruxelles il n’y avait pas autant d’islamistes. » Il termine son mail avec ce qu’il appelle par après de l’humour en précisant qu’il trouverait cela « marrant de voir la ville de Bruxelles sans marocains.» En 2011, le ministre se demande sur Facebook, s’il y a vraiment une valeur économique ajoutée au immigrants marocains, congolais ou algériens après avoir lu un article dans « The Economist ». L’article est intitulé “la magie des diasporas” et traite justement de la valeur des immigrés dans les pays d’accueil. Mais ce qui a vraiment été la goutte qui a fait déborder le vase a été sa présence à la fête d’anniversaire d’un ex-collaborateur, Bob Maes, début octobre. Ce dernier a été sénateur Volksunie et a fondé le VMO (l’Ordre des Militants Flamands). C’est une milice d’extrême-droite flamande créée après la Seconde Guerre Mondiale. Durant 20 ans, Maes a été déchu de ses droits politiques pour avoir collaboré avec les Allemands. Aujourd’hui, membre de la N-VA, il dit encore toujours être compréhensif envers la collaboration car d’après lui « ils avaient leur raison de collaborer ». Face aux trois partis flamands et au parti francophone de droite du gouvernement belge, les partis politiques de gauche présents sur les bancs de l’opposition n’ont pas manqué l’occasion de réagir. Pendant la déclaration gouvernementale du premier ministre Charles Michel à la Chambre, le 14 octobre dernier, les membres de l’opposition ont réduit chaque tentative d’explication à néant. Le chef du gouvernement devait y présenter les grandes lignes des négociations qui sont mises au point, mais la présence au sein du gouvernement de personnages controversés tel que Theo Francken (NV-A) a provoqué un tollé quasi général contre lui allant jusqu’à ce que l’opposition exige la démission du secrétaire d’État à l’Asile et à l’Immigration.

Pour prouver pertinemment que Theo Francken a tort, la communauté congolaise de Belgique va faire la grève. Avec ce geste symbolique, les travailleurs originaires du Congo veulent prouver que ce qu’ils apportent à la société. En suspendant le travail pendant un jour qui reste encore à définir, ils vont s’opposer à l’esprit du ministre. Récemment Theo Francken déclare avoir été menacé de mort dans des lettres envoyés à son domicile. Une lettre anonyme est adressée au ministre. Ce dernier, qui a deux jeunes enfants, a décidé de se faire protéger par la police locale de la ville de Lubbeek où il réside. Il a mis en cause l’opposition mais aussi les médias francophones qui d’après Francken, « ont donné des idées à certains.»

« J’ai du respect pour chacun »

Deux jours après la polémique, Theo Francken se sent obligé de réagir. Après un contact avec le premier ministre Charles Michel qui lui impose de prendre ses responsabilisés, il présente ses excuses à la Chambre. Il affirme ne pas avoir voulu blesser qui que ce soit. Il assure qu’étant donné ses déclarations il veut « être un secrétaire d’Etat dans l’intérêt de tous les habitants de ce pays, avec un grand respect pour chacun ». L’opposition, qui a toujours des craintes à propos du sujet, affirme que 20 secondes ne sont pas assez pour faire avaler ce qu’il a exprimé. La couleur ou l’origine des hommes n’en fait pas des profiteurs, selon elle. Ce que le secrétaire d’État a dû reconnaitre après coup, c’est qu’il faut éviter les préjugés. Il faut faire place à une modification de mentalités dans notre société. Nous avons tous les mêmes droits, et devoirs. Si certains profitent effectivement du système, ce n’est ni leur couleur de peau, ni leurs origines qui en sont la cause.

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